Le renouveau industriel passera par des innovations urbaines (2/3)

Résumé du premier article (à ce lien) :
  • Il existe des centaines d’hectares de friches en Ile-de-France, notamment en petite couronne, dans des zones bien desservies.
  • Les Start-up, TPE et PME de l’industrie et de l’innovation ont un besoin fort d’espace pour leur R&D, leur démonstrateurs et premières productions.
  • Les espaces d’incubations et d’expérimentation sur friche urbaine, comme le 6Pasteur du Matériaupôle essayent de répondre à cette double problématique.

Dans cet article, nous nous  pencherons sur les caractéristiques des ZAC franciliennes et les adaptations à opérer pour l’intégration de nouvelles entreprises . Car selon nous,  ces adaptations doivent s’inscrire dans des démarches individuelles, mais aussi dans les évolutions du secteur.

Foncier imparfait, mais des friches qui comblent  les besoins primaires des start-up.

Selon 94Citoyens, (dans l’article à ce lien) : « seuls 5% des locaux disponibles dans la région sont neufs. Le foncier francilien disponible souffre d’obsolescence avec des ZAC vieillissantes […] et des locaux peu adaptés aux nouvelles formes d’activité. »

La Grande-Halle des Ardoines à Vitry-sur-Seine, symbole des richesses ensommeillées du 94.

C’est un constat à nuancer : Les jeunes entreprises du secondaires n’ont pas un besoin vital de foncier neuf et « propre ». Une entreprise incertaine sur sa pérennité cherche l’efficacité, la frugalité et la rapidité de mise en œuvre.

Car la « vallée de la mort » des entreprises n’est pas seulement due au tarissement des sources de financement. Mais aussi car ces entreprises n’ont plus d’espace adapté à leur besoins, dans la mesure de leurs ressources. Plusieurs incubateurs proposent des hébergements d’activité, mais pour des périodes entre 18 et 24 mois en moyenne*. Après cette période, les start-up doivent trouver un espace proportionnel à leur changement d’échelle par leur propre moyen. Le budget alloué évolue alors de manière explosive.

Source : Erik Van Rompay, Forbes.fr

Il est  cependant majeur que l’aménagement des espaces soit réfléchi avec les futurs utilisateurs. En effet, les besoins varient selon les occupants et ceux-ci peuvent assumer une part de l’aménagement eux-mêmes. Cette étape peut permettre au propriétaire d’éviter un suréquipement coûteux et un tarif d’occupation discriminant.

L’économie réalisée peut-être ré-allouée à des recrutements ou des investissements en machines. Mieux encore, cela peut permettre de financer des démonstrateurs / expériences dans les espaces ainsi acquis, et être décisif dans la survie de l’entreprise.

Quels sont donc les besoins primordiaux d’une entreprise du secondaire en début de production?
  • Espaces équipé à minima en :
    • Électrique (éventuellement tri-phasé)
    • La présence ou possibilité d’installer la fibre optique est une nécessité
  • Avec un accès simplifié :
    • Présence de transport en commun à proximité pour pouvoir faire venir les partenaires et capter aisément des travailleurs non-motorisés (tels que les étudiants qualifiés)
    • Accès parking et espace de livraison (au moins pour un utilitaire)
  • Et un espace sécurisé adapté :
    • Anti-feu
    • Validation ERP, SEVESO… Si besoin.

Une part des aménagements, dont la fibre optique, sont inévitables aujourd’hui, L’installation de celle-ci est préférable dès l’occupation transitoire. A la fois pour l’occupant, mais aussi pour le propriétaire qui s’assure un bon fonctionnement des installations.

La ZAC du Domaine de Cherioux est un projet ambitieux en terme de revalorisation des espaces urbains sous-exploités. Des éléments d’aménagements transitoire y sont à l’étude.
Une préfiguration des espaces, mais aussi du secteur industriel.

Comme nous le voyions dans le 1er article (à ce lien), le secteur secondaire est en pleine mutation. L’implantation d’entreprises dans des friches, les offres d’équipements mutualisés ouvrent à des d’activités industrielles à moindre coût.

La frugalité est part intégrante de notre avenir. L’économie des ressources (énergie et matière) sont primordiales dans le développement des industries de demain. Cela se retrouve à la fois dans les solutions R&D développées mais aussi dans les décisions stratégiques de nos adhérents.

Bien sûr, il est nécessaire d’anticiper les questions de propriété intellectuelle, notamment en établissant des règles d’usage claires. Mais il s’agit d’un sujet inévitable pour toutes entreprises (quelques soient leur taille et leur ancienneté). Là encore, les espaces  transitoires sont une expérience d’apprentissage pour une entreprise.

Les entreprises développées dans des friches vivent les contraintes qui y sont inhérentes. Ainsi, le Matériaupole peut s’appuyer sur son réseau pour proposer des solutions techniques dans le développement transitoire. Solutions qui seront reproductibles sur d’autres espaces à valoriser.

Agilcare, start-up du bâtiment renouvelable, s’apprête à sortir un nouveau démonstrateur. Ils souhaitent y montrer la compatibilité de leur technologie avec des projets de grandes surfaces sur plusieurs étages.
En bref…

Frugalité est le maître-mot des start-ups du secondaire. Pour innover rapidement et réduire leur « time to market », ces entreprises ont besoin d’une certaine liberté dans leur aménagement et accès à de l’équipement. Les friches urbaines offrent cela, sont économes et ouvrent des possibilités d’expérimenter in-situ. Tous ces avantages en font des espaces plus intéressants que le foncier intra-muros

Dans le dernier article nous verrons une dernière facette de l’aménagement transitoire. Nous reviendrons sur les bénéfices de l’activité transitoire sur le territoire et les propriétaires, publics et privés.

*Les périodes d’incubations de 18 à 24 nous paraissent insuffisantes pour des start-up de l’industrie qui ont des périodes de R&D longues. En R&D, les enjeux de marchés sont aussi décisifs que les enjeux technologiques. Les entreprises doivent anticiper les étapes de financement, commercialisation et être accompagnées dès le début du projet. Mais il est impossible que la R&D et le marché soient à point au bout de 2 ans.

Antoine Clousier

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Bioshield, d’abord un projet d’amitié

Paul, Pierre et Quentin sont rentrés tous les trois, à Sup’Biotech après avoir tenté d’autres formations spécifiques : médecine et faculté de biologie. En intégrant le campus villejuifois, ils souhaitaient rester dans le domaine des sciences. Ensemble, ils travaillent autour d’un projet ambitieux de biotechnologie : Bioshield, un projet d’un procédé innovant de traitement de surface. Tous les trois sont habitués à travailler ensemble depuis bientôt cinq ans et feront tout, déclarent-ils « pour réussir leur projet et l’amener le plus loin possible ! » Rencontre.

 

Bonjour, qui êtes-vous ?

Nous sommes trois ingénieurs nouvellement diplômés en biotechnologies de l’école Sup’Biotech, Cette école propose un cursus unique qui nous permet d’accéder à des métiers variés et stimulants mais surtout qui correspondaient à nos attentes. Après trois années de formation générale, nous sommes tous les trois partis en Corée du sud, pour un semestre d’échange. À la rentrée 2016, nous nous sommes spécialisés : Paul en R&D / bioinformatique ; Pierre en R&D / santé et Quentin en entrepreneuriat. Actuellement, Quentin s’occupe de l’aspect business et financement. Pierre réalise les expériences et est en charge de la R&D. Paul est responsable du développement technologique et industriel de notre produit BioShield (nom provisoire).

Et qu’est-ce c’est ?

BioShield est un projet biotech né à Sup’Biotech à travers les SBIP (Sup’Biotech Innovative Project) et le cursus entrepreneuriat. Il a été ensuite puis incubé au Genopole d’Evry dans le cadre du dispositif Shaker de Septembre 2017 à Septembre 2018. Aujourd’hui nous intégrons le programme d’accompagnement Booster du Genopole. Nous avons pour objectif de développer une technologie de traitement de surfaces inédite. Elle a pour but de conférer, à des pièces industrielles, des propriétés anti-biofilms. Pour l’industriel, c’est une meilleure maîtrise des risques de contaminations et une réduction de coût et d’impact environnemental car ils n’auraient plus besoin d’utiliser des produits biocides polluants et coûteux.

Et comment, pensez-vous parvenir à ce résultat ?

Notre technologie a pour but d’agir en amont de la formation des biofilms, là où la plupart des solutions actuelles ne viennent les détruire qu’après leur apparition. Inspirée de parades naturelles que l’on retrouve chez certaines plantes et insectes, le traitement permettrait d’empêcher l’adhésion mécanique des micro-organismes sur les surfaces. La solution BioShield est la garantie d’une meilleure maîtrise des risques de contaminations. Grâce à leurs propriétés auto-réparatrices, les surfaces auraient une durée de vie prolongée et ne nécessiteraient pas d’êtres entretenues. Les entretiens biocides à base de produits chimiques polluants et toxiques ne seraient plus nécessaires. Les industriels réduiraient ainsi leurs coûts de maintenance et leur impact environnemental.

À quel stade de l’invention en êtes-vous actuellement ?

Notre principale activité actuelle est de la R&D, à l’étape de preuve de concept. nous ambitionnons, à terme, d’occuper le secteur de la sous-traitance industrielle. Nous voulons proposer un traitement de surface fiable et durable à effet anti-biofilms. Notre prochaine étape logique est donc le prototypage.

Comment concevez-vous, produisez-vous vos produits ?

À chaque pièce industrielle, ses caractéristiques particulières. La conception se réalise donc en collaboration avec les industriels. Des échanges sont obligatoires afin de comprendre leurs attentes et de proposer la solution la plus adaptée à leurs besoins (formes, surfaces à couvrir, matériaux de surfaces utilisés, etc.).

Comment avez-vous eu l’idée de votre innovation ?

Notre idée est née au cours de notre cursus scolaire, dans le cadre des SBIP puis, accéléré via le cursus entrepreneuriat. Issue du biomimétisme, notre solution est inspirée des parades naturelles d’insectes et de plantes qui empêchent les biocontaminations.

Quelles sont vos perspectives de développement de marché pour votre produit ?

Avec de bons résultats de preuves de concept, nous avons amorcé la création d’une entreprise pour préparer une levée de fonds. Elle nous permettrait d’entrer dans la phase de prototypage industriel. Des échanges avec des industriels et des investisseurs ont d’ailleurs eu lieu afin d’anticiper au mieux cette phase.

Comment envisagez-vous de poursuivre votre projet ?

Si la levée de fonds se réalise, nous projetons un prototypage opérationnel de notre solution dans les deux ans qui suivent la levée, puis un lancement de produits dans les trois à quatre ans suivants.

Quelle est votre actualité ?

Nous sommes lauréats du programme Booster du Genopole. Pour nous, c’est la suite logique au parrainage Shaker. Être sélectionnés va nous permettre de bénéficier d’un accompagnement stratégique sur une année. En pleine création de la structure juridique, nous établissons notre stratégie de financement pour bénéficier des aides disponibles afin d’avancer plus loin.

Comment avez-vous rencontré le Matériaupôle ? Sur quels sujets travaillez-vous avec eux ?  Comment vous accompagnent-ils ?

Pendant notre formation à Sup’Biotech, nous avons la chance de rencontrer des professionnels qui challengent nos projets. Ca a été le cas pour le nôtre, avec Arnaud. Depuis, nous travaillons en étroite collaboration avec le Matériaupôle. Grâce à lui, nous avons été mis en relation avec un grand compte de l’aéronautique. Nous bénéficions, depuis, de sessions de travail et de coaching. Elles nous préparent pour des présentations orales et des dossiers de demandes de financement. Pascal Quetin, adhérent du Matériaupôle, nous accompagnent également. Avec lui, notre attention se porte sur l’aspect industrialisation de notre projet. Nous profitons également de son expertise sur la productivité pour élaborer notre cahier des charges.

Que vous apporte votre adhésion au Matériaupôle ?

Elle nous permet un accès à un réseau d’entreprises et d’experts du domaine des matériaux et des biotechnologies. Mais être adhérent du Matériaupôle, c’est aussi gagner une visibilité médiatique. C’est pour nous, jeunes entrepreneurs, un gage de crédibilité auprès des industriels.

Pour plus d’informations sur le procédé Bioshield et le programme SHAKER de Génopole, écoutez l’interview de Quentin Bernard, sur le site Internet de Biotechfinances : ENTRETIEN

Pour tout savoir du dispositif SHAKER qui a porté le projet Bioshield, cliquez > ici < et > là <

 

 

 

 

 

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Le Matériaupôle s’invite à Station F

Le Matériaupôle Paris Seine-Amont vous propose de participer à sa soirée des adhérents de la rentrée, dans le plus grand incubateur du monde, Station F, en collaboration avec TechShop Paris/Ivry.

C’est l’occasion pour vous qui êtes en gestation d’idée pour entreprendre, pour innover, pour inventer ou tout simplement pour rencontrer des startuppeurs et des techshoppeurs du Département du Val-de-Marne ou de la Région Ile-de-France, de faire connaissance avec ce secteur économique… de l’avant-garde.

Une visite du fablab TechShop – Station F est prévue. Des présentations de plusieurs solutions innovantes d’adhérents du Matériaupôle auront lieu. Le tout s’achèvera autour d’un verre de l’amitié.

L’événement est gratuit mais l’inscription est obligatoire. Sinon, vous n’entrerez pas.

Pour vous inscrire, c’est ici : INSCRIPTION

Soirée des adhérents d'octobre à Station F

Soirée des adhérents d’octobre à Station F

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Avec Scale, les coproduits de la mer se substituent aux plastiques

« Nous voulons  faire partie de la solution dans la lutte contre les méfaits du tout plastique ». Telle est l’ambition affichée des fondateurs de la société Scaleà l’heure où des images de bords de mer couverts d’éléments en plastique submergent les réseaux sociaux. En mémoire, ces images impressionnantes de ce 7e continent uniquement composé d’objets plastiques à la dérive. Alors quoi ? Comment peut-on lutter contre cette pollution ? En réponse, Scale développe une solution alternative à base… d’écailles de poisson.

Rencontre avec Erik de Laurens, un des co-fondateurs de l’entreprise Scale, qui nous dit tout.

Erik-de-Laurens - Scale
Erik-de-Laurens – Scale
Bonjour Erik. Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Je suis designer de formation spécialiste des matériaux pour la construction. J’ai étudié au Royal College of Art (Product design) à Londres et à l’ECAL à Lausanne. J’ai travaillé chez Foster & Partners à Londres. J’étais en charge de leur département de recherche en Matériau, pour des projets d’architecture et de design.

Quant à Édouard, mon associé, il est entrepreneur, spécialiste du marketing web.

edouard-de-dreuzy - Scale
Edouard-de-Dreuzy – Scale

Nous sommes tous les deux très sensibles à la dégradation de l’océan, notamment avec l’invasion des déchets plastiques.

Nous nous sommes associés pour lancer notre société, Scale.

Quelle est l’activité de Scale ?

L’activité de Scale réside dans la conception et la production de matériaux biosourcés (bioplastiques) conçus à partir des coproduits de la mer.

Quelles sont les spécificités de vos produits ?

Nous travaillons actuellement sur la SCALITE®, un matériau intégralement conçu à base d’écailles de poisson, sans aucun additif. Nous visons l’obtention de la norme européenne qui garantit les caractéristiques de compostabilité et de biodégradabilité de notre matériau.

SCALITE®
SCALITE®

Comment concevez-vous et produisez-vous votre matériau ?

Nous nous fournissons en écailles auprès de mareyeurs français, notamment Océalliance notre partenaire qui dispose d’un gisement très important de matière première. Les écailles peuvent provenir d’espèces de poissons variées. Par exemple, nous travaillons à partir de l’écaille de la sardine, actuellement.

Après réception et traitement de la matière première, nous concevons la SCALITE® en deux étapes. D’abord, nous nettoyons et transformons les écailles brutes en poudre. Ensuite, nous produisons la matière grâce à un procédé de thermo-compression. Ce matériau peut être ensuite usiné.

Comment avez-vous eu l’idée de votre innovation ?

Tout a commencé pendant mon master au Royal College of Art où j’ai cherché pendant deux ans des façons de produire des matériaux plastiques, de manière locale et durable. Inspiré par l’industrie agro-alimentaire, en particulier le secteur de la pêche, j’ai inventé une matière à base d’écailles de poissons, un coproduit de la filière pêche, aujourd’hui très peu valorisé. Nous avons lancé Scale pour développer ce matériau.

J’ai baptisé cette matière SCALITE®, contraction du mot scale signifiant écaille en anglais et du suffixe “lite” souvent utilisé pour désigner les premiers plastiques (lithos = pierre en grec).

Verres Scale
Verres Scale
Quelles sont vos perspectives de développement de marché pour votre produit ?

Nous nous positionnons comme fournisseur de matériau pour les industriels. Pour le moment, nous travaillons sur l’édition d’une gamme de lunettes pour démontrer les atouts de la SCALITE® et son esthétique auprès d’un public large.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

Notre ambition est de produire la SCALITE® le plus près possible des pêcheurs, partout dans le monde. Nous voulons installer un nouveau cycle de l’économie circulaire qui génère des revenus additionnels pour la filière pêche. Grâce aux qualités remarquables de ce matériau issu de la mer, nous sommes convaincus que des usages très variés vont émerger.

Quelle est votre actualité ?

Nous travaillons actuellement à la caractérisation de la SCALITE®, une étape essentielle et cruciale pour explorer le vaste champ des possibilités d’applications.

 SCALITE®
SCALITE®
Comment avez-vous rencontré le Matériaupôle ? Sur quels sujets travaillez-vous avec eux ? Comment vous ont-ils accompagné ?

Nous avons rencontré le Matériaupôle lors du salon World Efficiency 2017.

Nous travaillons ensemble sur la construction des procédés de fabrication et profitons de leurs installations, notamment de leurs outillages. Nous bénéficions également de leur expertise sur les sujets de financement.

Que vous apporte votre adhésion au Matériaupôle ?

Au-delà de l’accès à des installations, à des outils et à des compétences techniques, nous apprécions l’état d’esprit du Matériaupôle. Il privilégie l’ouverture, l’échange et le bon sens pour faire avancer les projets. Nous partageons cette même vision pragmatique couplée avec une dose de frugalité.

Pour tout savoir de Scale et de la SCALITE®, rendez-vous sur le site de la société : www.scale.vision

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