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Le renouveau industriel passera par des innovations urbaines (3/3)

Résumé des articles précédents :

Dans ce dernier article, nous explorons les bénéfices de l’activité transitoire pour le territoire et les propriétaires, publics comme privés. Ces articles  font suite à celui de 94 citoyens sur la pénurie de foncier en Île-de-France.

Convertir une charge en une source de revenus.

Le foncier inoccupé est un poids pour ses propriétaires. Il implique des coûts de  gardiennage de préservation en l’état, d’assurance et l’acquittement de taxes foncières. Sa valeur peut aussi être réduite par des dégradations naturelles ou liées au squat.

Souvent ces espaces sont en attente de cession ou de reprise. Mais les procédures peuvent être bloquées des mois, sinon des années, pour de multiples raisons (zones partiellement polluées notamment) . Pourtant, ces surfaces sont souvent  partiellement mobilisables. Cette occupation temporaire peut se faire sous la forme d’une convention d’occupation ou d’un bail précaire.  Généralement, l’occupant prend en charge les frais de gestion courante de l’espace et verse un loyer réduit. L’occupation de ces espaces est donc un calcul économique rationnel pour le propriétaire.

Enfin, la préfiguration augmente la valeur du bien. La présence de start-ups innovantes donne une identité et une attraction à un site et permettra de capter de plus grands acteurs sur le territoire par la suite. Une friche abritant de l’activité secondaire apportera plus de garantie, qu’une zone vierge, quant à la qualité de son terrain.

L’aménagement futur des Ardoines prévu à horizon 2025
Créer un dialogue avec les occupants.

L’autre point fort d’une telle pratique, c’est qu’elle peut ouvrir la voie à une collaboration avec des entreprises innovantes du territoire. Les entreprises du secondaire sont très souvent intéressées d’avoir des promoteurs et/ou bailleur dans leur carnet de contacts partenaires.

Il est toutefois rassurant pour le bailleur dans un premier temps de limiter le nombre d’interlocuteurs en ayant de contact direct qu’avec un intermédiaire de confiance, porteur d’un projet d’aménagement. Cela le libère de la gestion d’entrée et sortie des structures qui occuperont l’espace, durant la période d’occupation inscrite contractuellement.

Une valorisation qui dynamise le territoire.

Enfin, ces « déchets urbains » deviennent des points de dynamisme au cœur des bassins urbains. Cela va dans le sens des préconisations de la CCI de « travailler à l‘intégration de l’activité productive avec l’habitat ». Des structures telles que le Matériaupôle nouent ces liens entre entrepreneurs, écoles et commerces locaux. Valoriser les friches du territoire favorise l’innovation de pointe mais renforce aussi le tissu socio-économique local.

Une pratique qui se combinerait à merveille avec les évolutions de marché appuyés par la CCI. En effet, la CCI envisage la création d’une « Bourse des locaux » en ligne et à l’échelle régionale. Cela  fluidifierait le marché et limiterait les effets néfaste de la pénurie de l’offre de foncier. Ce type d’outil serait d’autant plus puissant s’il s’ouvrait au marché du foncier temporaire.

Une Bourse aux locaux existe déjà dans d’autres régions, en Occitanie notamment.

L’offre existante actuellement sous-exploitée permettrait un développement fort de la petite couronne, tant esthétiquement, qu’en terme d’activité d’emploi local.

L’occupation transitoire est un marché en plein développement. L’offre et la demande sont forts, le cadre réglementaire, les process et les acteurs intermédiaires se structurent. Cette pratique qui a de nombreux avantages est partie pour se généraliser. Et avec elle l’industrie pourra reprendre de l’ampleur et de l’ambition en Ile-de-France.

Antoine Clousier

 

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Steven Leprizé, fondateur de ARCA ébénisterie

Entre innovation, créativité, recherche et réalisation unique.

ARCA ébénisterie, est tout à la fois : un atelier de recherche et de création en ameublement. Mais pas que… Rencontre avec un ancien élève de l’Ecole Boulle où il enseigne aujourd’hui le travail sur bois.

Pouvez-vous nous décrire l’objet de votre activité ?

ARCA est un atelier aux multiples facettes : créations, prototypage, micro séries et séries limitées. Formés entre autre à l’école Boulle, nous utilisons des méthodes traditionnelles et mettons en œuvre des techniques et matériaux nouveaux. Résolument tournés vers l’expérimentation dans le mobilier, nous répondons à des problématiques variées, qu’elles soient esthétiques, structurelles ou mécaniques. Nous mettons notre savoir-faire au service des designers et éditeurs pour imaginer des solutions artisanales ou industrielles. ARCA dépasse le champ classique de l’ébénisterie en puisant dans des univers allant de l’aviation à l’industrie textile. Nous sommes implantés à Chennevières-sur-Marne. Notre atelier a une surface d’environ 300 m². Nous avons à proximité tout un ensemble de partenaires avec qui nous avons établi une relation de confiance pour l’exécution de certains travaux de finition, de serrurerie, usinage et formage plastique, quincailleries sur mesure… Nos créations résument les capacités dont nous disposons ainsi que notre perception du mobilier. Nous sommes à même de proposer des créations personnalisées répondant aussi bien aux exigences des professionnels de la décoration qu’à celles de particuliers.

Cette invention du bois qui respire, et qui a impressionné bon nombre de visiteurs du stand Citroën, au salon de l’Auto est née comment ?

Cette invention s’appelle Airwood. Elle est née d’un travail sur l’illusion et la thématique du mouvement. Ce projet est issu d’un sujet de diplôme d’ébénisterie présenté à l’école Boulle en 2008. Le premier travail de l’atelier ARCA, créé en 2009, a été d’en optimiser la production. Airwood est composé, d’un support, de caoutchouc, d’adhésif et de bois (ou autre matières rigide). Jusque-là, nous réalisions les ciselures à la main, au scalpel ! Nous avons pu détourner une machine de l’industrie textile pour numériser la découpe. Gagnant ainsi en finesse, en qualité et en rapidité.

En êtes-vous resté là ? Avez-vous porté d’autres améliorations à votre invention ?

Oui et c’était tout l’intérêt. La seconde étape a été d’améliorer la résistance du produit par de meilleures colles, puis la suppression en partie de ces colles pour passer à une fixation mécanique plus résistante. Nous avons appliqué la méthode à d’autres matériaux et rencontré à chaque fois de nouvelles difficultés comme avec la céramique et le cuir. La mise au point de système pneumatique automatique a été un défi car la mécanique des fluides est très complexe, surtout pour des ébénistes de formation. Il a fallu pour communiquer les possibilités et vendre, trouver les idées, les contextes et applications, puis les rendre en images de synthèse. Une nouvelle typologie d’objet a vu le jour, de nouvelles fonctions comme gérer l’acoustique d’une pièce ou salle de concert par le gonflage des murs. Indiquer un volume sonore par un logo évolutif. Créer des logos de PLV en mouvement. Des packagings surprenant. Des luminaires dont l’intensité varie par gonflage…

Est-ce que depuis les débuts de votre invention, votre procédé a évolué ?

Oui, tout à fait. Cinq générations de Airwood plus tard et les années passant, nous voilà aujourd’hui avec une version optimale, qui ne peut pas encore être placée à l’extérieur mais qui ne demande qu’à être utilisée. Notre superposition de matériaux a même fait des petits car nous sommes en train de créer un nouveau dérivé qui ne se déforme plus par de l’air mais par les objets qu’on y met. L’évolution de ce matériau a donc fait naître le WooWood qui sert de rangement par des poches élastique recouvert de marqueterie de bois à la manière d’un textile. On peut ainsi créer un passe câble, faire coulisser un tiroir dans des poches, placer une lumière. Il fonctionne comme un tendeur.

Quelles sont vos actualités ?

ARCA fait partie de l’exposition Observeur design qui est actuellement au VIA et qui va faire un tour de France. Nous avons d’ailleurs remporté l’étoile Observeur Design catégorie Artisanat.

Nous allons faire le salon Révélations au Grand Palais et participer au village du Matériaupôle aux Puces du Design en mai prochain à Paris-Porte de Versailles.

Quelles sont vos perspectives de développement de marché ?

Je veux continuer dans la même direction sans être « plus gros ». Nous avons fait évoluer l’atelier avec une imprimante 3D et une CNC en 2017. Je veux acheter un atelier d’ici un an. Et réussir à prendre plus de temps pour mes créations.

Que vous apporte votre adhésion au Matériaupôle ?

Des contacts commerciaux et intelligent comme avec Hogos. Et surtout le projet de R&D avec l’école des Mines qui je l’espère va se concrétiser !

Vous venez d’être « oscarisé », avec deux autres adhérents du Matériaupôle,  du second prix de l’entreprise artisanale innovante remis par la Chambre des métiers et de l’artisanat du Val-de-Marne. Que ressentez-vous ?

J’en suis très heureux, c’est vrai. Cette distinction salue le travail de tout l’atelier. Et c’est bien. J’espère que cela va nous apporter de nouveaux marchés, pour qu’à la clé, nous ayons de nouveaux chantiers à la clé.

Récompenses
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Oscars des entreprises artisanales innovantes : triplé gagnant de nos adhérents

3 de nos adhérents lauréats des Oscars de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Val-de-Marne

Le lundi 13 mars 2017, 3 adhérents du Matériaupôle ont été les lauréats des Oscars de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Val-de-Marne, catégorie entreprise innovante.

A la première place : LOMA Innovation, développe une technologie brevetée de matériaux plastiques déformables.

Deuxième place : ARCA ébénisterie, Atelier de Recherche et de Création en Ameublement.

Troisième place : WHOLE, manufacture éco-bienveillante de couleurs d’exception pour les textiles.

Ce prix a pour objectif de valoriser les entreprises qui investissent les différents champs de l’innovation :

  • création de nouveaux produits et de procédés technologiques,
  • nouvelles méthodes de commercialisation,
  • mise en œuvre d’une méthode organisationnelle spécifique.

Les trois lauréats seront valorisés et bénéficieront d’un film promotionnel axé sur leur entreprise. L’Agence de Développement du Val-de-Marne partenaire de cette opération dotera le premier prix avec une prestation d’accompagnement axée sur l’innovation.

Retrouvez les portraits des trois lauréats dans l’article consacré aux Oscars de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Val-de-Marne dans Le Parisien 94 – Val de Marne et ici aussi.

La Semaine Nationale de l’Artisanat

Les Oscars des entreprises innovantes artisanales s’inscrivaient dans les animations prévues pendant la Semaine Nationale de l’Artisanat. Cette soirée, était organisée par la CMA94 et l’Agence de développement du Val-de-Marne, en partenariat avec INPI France,  Bpifrance et le Matériaupôle. Divers prix et récompenses étaient distribués en plus du prix de l’entreprise artisanale innovante :

  • Entreprises du patrimoine vivant
  • Remise des attestations Charte Qualité
  • Remise des médailles de la reconnaissance artisanale
  • Prix de l’entreprise innovante en Val-de-Marne
  • Remise des Titres de Maître Artisan
  • Prix ApprentiStars 2015-2016
Plus d’informations sur la semaine nationale de l’Artisanat

 

Toutes les infos sur la semaine nationale de l’Artisanat sont là : http://www.semaine-nationale-artisanat.fr/

(Photo : ©Le Parisien/Laure Parny)

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