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WéCO réinvente les toilettes publiques écologiques

Cécile Dekeuwer est à la tête d’une société qui (ré)invente l’usage de monter sur la selle. Avec WéCo, rien ne se perd, tout se transforme. Pour le bien-être de la planète et pour le confort de tous. Rencontre.

Qui êtes-vous ?

Cécile Dekeuwer, initiatrice et créatrice de la société WéCo.

Quelle est l’activité de WéCO ?

Notre société conçoit, produit et commercialise des toilettes à chasse d’eau, écologiques, autonomes, design et avec un bilan carbone positif.

Toilettes WECO
Toilettes WECO
Quelles sont les spécificités de vos produits/services ?

Notre ambition est de créer les toilettes de demain, adaptées aux enjeux et problématiques du futur: combattre le manque d’eau potable et mieux utiliser nos ressources naturelles. L’innovation technologique du traitement des eaux permet un recyclage des eaux usées en circuit fermé. Nos toilettes ne nécessitent donc aucun raccordement aux infrastructures sanitaires.

Comment avez-vous conçu et produit ces toilettes publiques écologiques ?

La base technologique de nos toilettes est issue d’une innovation de California Technology Institute  qui a conçu un système de traitement par électrolyse des eaux noires (l’eau mélangée aux déjections des toilettes). Les toilettes que nous concevons autour sont design, adaptées au lieu où nous les implantons et aux besoins des usagers. Nous les pensons comme des lieux agréables pour les sens, cherchant à changer l’image des toilettes publiques. La construction des toilettes se fait à Saint-tienne, ville du design, en s’appuyant sur des entreprises locales. Notre démarche écologique transparaît aussi dans le choix des matériaux utilisés dans nos toilettes : toilette à chasse d’eau économe, container recyclé, utilisation de bois…

Quelles sont vos perspectives de développement de marché pour vos toilettes innovantes ?

Nous commençons tout d’abord par le marché européen en proposant des toilettes design et adaptées aux besoins de tous. Dans un second temps, nous nous attaquerons aux pays en développement en Afrique ou en Asie. Nous avons spécialement des contacts en Chine et en inde.

Quelle est votre actualité ?

Nous venons juste de participer à Futur en Seine et développons notre réseau en participant à différents événements tels que le forum  Innovative City  à Nice. Nous sommes aussi des membres actifs de la commission ISO PC 305 TG qui cherche à créer une norme ISO pour des toilettes non-reliées au réseau sanitaire. Cela permettrait de développer ce produit et son utilisation, ainsi qu’à des petites entreprises, issues parfois de pays en développement, de trouver leur place dans un marché dominé par des géants.

Que vous apporte votre adhésion au Matériaupôle ?

Outre un accueil formidable dès le début où le Matériaupôle a été très proactif, en faisant la démarche de venir nous chercher et de se présenter, le réseau nous a apporté dès le début, sans que nous ne soyons encore membre du Matériaupôle,  un réseau extraordinaire de professionnels de qualité. Alors qu’au début nous ne voyions pas bien le lien entre notre activité industrielle de toilettes écologiques, très vite il est apparu que le réseau avait des membres et des contacts qui ont apporté beaucoup à notre activité, avec professionnalisme, compétence, sérieux, à l’image du MP.

Du fait de leurs liens excellents avec la Mairie de Vitry-sur-Seine, nous avons pu conclure une expérimentation de plusieurs mois avec elle. Idem sur le plan financier, le Matériaupôle a su nous mettre en contact avec les personnes et sur les dossiers de financements appropriés, alors que nous nous cassions les dents sur ce sujet depuis 2 ans.

Le Matériaupôle sait allier compétences et relations humaines, tout ceci dans un cadre très agréable.

En un mot, rejoignez le MP, vous ne pourrez pas être déçus !

Retrouvez toutes les informations

Sur leur site internet : WéCo

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Quand écoconception vibre avec ingéniosité

L’ écoconception[i] a été le thème principal de la Matinale du Matériaupôle ce jeudi 15 décembre 2016 à l’Agence du développement du Val-de-Marne à Ivry/Seine. Elle a réuni une cinquantaine de participants autour de membres du réseau de l’association concernés par le sujet. Ces derniers ont présenté leurs solutions innovantes et leurs modèles économiques. L’assistance a pu constater que de jeunes entreprises pouvaient concevoir et créer de la richesse autrement à travers l’écoconception.

Une cinquantaine de participants sont venus assistés aux présentations des solutions écoconçues des adhérents du Matériaupôle. L’événement a été à peine troublé par les perturbations du RER C et la grève des chauffeurs VTC immobilisant une partie du périphérique parisien. Une prouesse car l’événement s’est tenu dans les locaux de l’Agence du développement du Val-de-Marne à Ivry-sur-Seine (94).

Les solutions écoconçues de nos adhérents

Bernard Fontaine, le président du Matériaupôle et son équipe ont rassemblé autour d’eux, un conférencier de l’université Mines Paris Tech pour introduire le thème de l’écoconception, des témoignages d’entrepreneurs, des présentations courtes de solutions écoconçues des membres de l’association et une table ronde animée par une des adhérentes du réseau. Il s’agissait d’exposer leurs solutions concrètes de concevoir, fabriquer, habiter autrement en étant moins impactant pour la planète et notre santé.

L’après-midi était consacrée à la visite des ateliers de Bilum et Maximum. Co-organisée avec le réseau des éco-acteurs du Val-de-Marne, une dizaine de participants accompagnée par Carine Gauthier, chargée de mission auprès du Département, ont pu découvrir des lieux de production qui pratiquent l’écoconception au quotidien.

L’intérêt de cet événement était de présenter un large panorama de solutions imaginées, conçues et mises en pratique par les adhérents. Venant d’univers différents, ces jeunes entreprises, start-up ou indépendants constituent, autour du Matériaupôle, un réseau riche et varié préoccupé par les enjeux économiques émergents et les nouvelles formes de création de richesse que génère l’écoconception.

Après les mots de bienvenue de Elisabeth Rodrigues, directrice de l’Agence du Développement du Val-de-Marne, le président du Matériaupôle a rappelé le thème principal de l’événement : l’écoconception est-elle un levier de croissance pour les entreprises ? Il a ensuite laissé la parole à Joël Ntsondé, chercheur à Mines Paris Tech. Dans une présentation et riche d’informations, il a introduit la démarche d’écoconception, puis répondu en partie à la question posée. En effet, « 98% des entreprises indiquent avoir un profit supérieur ou égal suite à la mise en place d’une démarche d’écoconception », selon une étude de l’Institut de développement de produits et le Pôle Ecoconception menée en 2013.

DES RETOURS POSITIFS

Les résultats obtenus par les adhérents du Matériaupôle abondent dans le sens de l’étude du Pôle Ecoconception de 2013. Souvent, ils ont fait de l’écoconception la base de leur activité. Ils ont ainsi conçu des modèles économiques dont la proposition de valeurs permet de dégager des marges bénéficiaires et d’accumuler peu à peu des points de croissance supplémentaires.

C’est ce qu’a constaté un des participants, Pascal Quetin, ingénieur consultant en production et logistique interne : « les points forts de cette journée ont été les thèmes sur l’écoconception, les produits, la motivation des intervenants tant dans leurs domaines que leurs convictions personnelles. Sincèrement, j’ai été touché et très ému de cette force que portait tous ces créateurs et dirigeants d’entreprises. »

L’avis de cet entrepreneur trouve un écho dans la conclusion des élus du Territoire. Ainsi, M. Patrice Diguet, vice-président délégué aux activités productives du Territoire Grand Orly Seine Bièvre a indiqué que « cela montre à quel point l’association Matériaupôle répond parfaitement à son objectif d’être, dans une approche pluridisciplinaire, le creuset de tous les métiers, savoir-faire et techniques autour des matériaux. Elle favorise ainsi l’émergence de projets innovants, expérimentaux, collaboratifs et de recherche ».

M. Pierre Bell-Lloch a renchéri en indiquant que « l’avenir est en marche dans le Val-de-Marne. Avec les Matinales de l’écoconception, des entrepreneurs ingénieux au service de l’environnement nous ont présentés ce matin leurs projets dans un territoire qui innove et qui replace l’homme au centre du système ».

OBJECTIF ATTEINT POUR LE matériaupôle

L’objectif est donc atteint pour l’association du Matériaupôle. Sa Matinale se veut le reflet des actions ambitieuses de l’association. Celle-ci veut rapprocher le monde de la recherche, des entreprises, de l’art et les territoires pour se mettre davantage au service de ses membres. Le meilleur reste à venir. « Nous n’avons pas chômé en 2016. Nous pensons que 2017 sera meilleure » a conclue Bernard Fontaine.

POUR PLUS D’INFORMATIONS SUR L’ÉCOCONCEPTION

Pour plus d’informations sur l’écoconception, retrouvez ici le document de présentation de Joël Ntsondé de Mines Paris Tech : l’écoconception, un levier de croissance pour les entreprises ?

Les intervenants de la matinale sur l’écoconception

 

Quelques questions pour mieux vous servir

Si vous avez participé à la Matinale 2016, merci de prendre quelques minutes pour répondre à ce petit questionnaire. Vos réponses nous permettront d’améliorer l’organisation des nos prochains événements : questionnaire.

Le Matériaupôle et vous

Pour en savoir plus sur nos activités, inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle en contactant le 07 68 41 27 44 ou nous adresser un mail à jp.trigla@materiaupole.com

Nous vous rappelons que le #6Pasteur accueille vos projets dans notre espace d’expérimentations et de coworking. Appelez au 06 87 71 83 11 pour plus d’informations.

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[i] On sait que l’écoconception est encadrée par la norme ISO/TR 14062 de 2002. Elle dit que « l’écoconception consiste à intégrer des aspects environnementaux dans la conception et le développement de produits ». Une directive de 2009 définit l’écoconception comme « l’intégration des caractéristiques environnementales dans la conception du produit en vue d’améliorer la performance environnementale du produit tout au long de son cycle de vie ».

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L’écoconception, un levier de croissance pour les entreprises ?

Vous vous interrogez encore sur l’écoconception ? Comment se traduit-elle dans le champ économique ? Quelles réponses apportent les entreprises à ces problématiques environnementales, économiques et sanitaires ? Trouvez vos réponses lors de la Matinale du Matériaupôle le jeudi 15 décembre 2016, de 8h30 à 13h, à l’Agence du Développement du Val-de-Marne au 23 rue Raspail à Ivry-sur-Seine (94200).

 

Pour une entreprise, la démarche de l’écoconception, c’est la prise en compte de toutes les étapes de la vie d’un objet depuis le sourcing des matières premières jusqu’à la fin de vie de cet objet. Il s’agit de limiter le recours aux matières premières, de réduire les dépenses énergétiques, à utiliser les matières secondaires issues du réemploi. Il faut que toutes ces étapes soient réalisées dans le respect de contraintes environnementales, socioéconomiques et sanitaires.

 

L’Ademe constate que « pour une entreprise, l’écoconception est susceptible d’avoir un impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur de son produit (bien ou service) : en amont sur ses approvisionnements et ses relations avec ses fournisseurs, mais aussi en aval sur son positionnement et ses relations avec ses clients ».

 

Est-il prématuré de faire un constat des répercussions des mesures écoconçues dans le secteur économique ? A l’échelle des chaînes de productions ou des offres de services, on constate qu’il existe encore peu de marchés qui soient impactés par la démarche.

Dans la réalité économique, ce sont les entrepreneurs qui constatent encore trop souvent la difficulté qu’ils ont d’obtenir des parts de marché si ils utilisent comme argument principal de vente : biodiversité, impact environnemental, réutilisation ou recyclage.

 

Nous évoquerons ces sujets avec avec une conférence introduisant la démarche d’écoconception, des témoignages d’entrepreneurs, des présentations courtes de solutions écoconçues d’adhérents du Matériaupôle, une table ronde présentant les contraintes réglementaires et les différents outils d’écoconception utilisés par les entreprises (Analyse du Cycle de Vie, le craddle to craddle, la matrice Matériaux Énergie Toxicité…).

 

Depuis sa création en 2009, l’association Matériaupôle Paris Seine-Amont (statut loi 1901) regroupe dans un même réseau tous les savoirs, tous les métiers et tous les secteurs d’activités, à la condition qu’ils soient liés aux matériaux. Elle accompagne ses adhérents dans leurs démarches d’innovation et met en valeur les résultats obtenus. L’association compte en 2016 plus d’une soixantaine d’adhérents, essentiellement des PME, des TPE, des startups et des laboratoires de recherche.

 

Pour vous inscrire à la Matinale, c’est par ici : inscription à la Matinale 2016

Pour en savoir sur nos activités, dirigez-vous vers notre site Internet

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Portrait : Matabase invente l’open source des écomatériaux

MATABASE révolutionne la vision des éco-matériaux

Avec les Matabox, plus besoin de se rendre dans les showrooms pour être mis en présence des nouvelles matières innovantes. Elles viennent à vous. Sous forme de grandes boîtes rectangulaires en carton recyclé, ces présentoirs élégants et mobiles sont intelligemment fournis. En effet, leur contenu se renouvelle au fur et à mesure des inventions inédites et des créations nouvelles que Matabase sur le marché des matériaux. Cette particularité n’a pas manqué d’éveiller la curiosité du Matériaupôle. Rencontre avec Daovone Sribouavong, la créatrice de Matabase.

Nous venons à vous pour en savoir un peu plus sur Matabase et ses fameuses Matabox, ces grandes boîtes en carton pleines d’échantillons particuliers. Mais d’abord, vous pouvez commencer par vous présenter, s’il vous plaît ?

Je m’appelle Daovone Sribouavong. J’ai 26 ans. Matabase existe depuis trois ans mais j’ai déposé les statuts juridiques en décembre 2014. Nous nous sommes constitués en Société par Action Simplifiée (SAS). C’était la condition d’obtenir des aides financières pour intégrer l’incubateur Paris pionnières. Nous avons déposé ces statuts, Thomas ortiz et moi, dans l’optique d’agrandir notre équipe. L’idée de monter cette structure m’est venue à la fin de mes études en 2012. Elle est née de ma propre inexpérience des/de mes lacunes sur les matériaux quand j’étais étudiante en architecture à l’EPSAA. Je me suis rendu compte à l’époque du marché potentiel que les écomatériaux pouvaient représenter et qu’il y avait toute une économie à construire, à inventer. Cela fait quatre ans que je travaille sur le sujet et tout reste à faire en matière de services et de référencements.

Quelle est votre activité principale ?

Il s’agit, avec Matabase, de promouvoir les matériaux écologiques dans les domaines du design et de l’architecture. Notre ambition est de développer une plateforme d’échange, d’achat/vente et de mise en relation ayant pour noyau, des matériaux éco-responsables, produits manufacturés ou d’occasion. Cet ambitieux projet est soutenu par le ministère de l’environnement grâce au programme GREENTECH dont nous avons été les lauréats. Nous allons bénéficier de fonds, d’un suivi et accompagnement puis d’une étroite collaboration avec l’Ademe.

Il faut apprendre à écoconcevoir

Vous évoquiez à l’instant vos lacunes en matériaux lorsque vous étiez étudiante. Pensez-vous que cela soit une généralité dans l’enseignement supérieur à propos de l’écoconception ?

Oui, je l’affirme. Nous avons une très mauvaise culture des matériaux dans nos formations professionnelles. C’est pour cette raison que Matabase intervient directement dans l’enseignement et l’éducation. Nous nous efforçons de concevoir et d’offrir aux étudiants de nouveaux outils pédagogiques afin qu’ils comprennent et apprennent à écoconcevoir avec des écomatériaux. J’avoue que c’est assez ambitieux mais notre volonté plaît.  Nos premiers clients, qui sont des écoles d’architecture et de design, sont séduits par l’idée que nous puissions intervenir auprès d’eux comme des experts de l’écoconception avec la Matabox, ce service de matériauthèque que l’on  propose en plus.

Pouvez-vous revenir sur votre produit Matabox ?

Nous avons créé Matabox dans le but d’équiper les écoles d’une matériauthèque physique. Avant de la lancer, nous avons effectué, pendant plus d’un an une veille sur les matériaux que nous avons choisi pour la constituer. Nous les avons judicieusement sélectionnés puis classés  en trois catégories principales qui sont l’architecture, le design et la décoration. On a ensuite développé des sous-thématiques comme l’isolation, les textiles. L’idée est d’essayer de trouver des matériaux vraiment qualitatifs qui répondent également à des critères environnementaux et sanitaires. Ils doivent être sains, recyclés,  durables, réutilisables, à faible consommation d’énergie grise. Nous avons fait du référencement le cœur de notre métier. A charge pour nous  d’être identifié comme la passerelle entre le monde des fabricants de matériaux et les gens qui vont les utiliser, à savoir les concepteurs, qu’ils soient étudiants et/ou professionnels.

Pensez-vous qu’il soit envisageable que le monde du BTP en France change ses habitudes de construction et s’engage peu à peu dans l’utilisation de matériaux plus respectueux de l’environnement ?

Les choses changent, oui. Il y a tout de même beaucoup d’innovation, surtout dans les grands groupes. Cependant, j’aimerais apporter une précision. Mon intention est de tenter de désenclaver la frontière entre les grands groupes et les petits fournisseurs qui peinent à promouvoir leurs matériaux. L’idée est de créer des convergences, des liens un peu plus étroits et faire en sorte que les grands groupes se rendent compte qu’il y a aussi beaucoup d’innovations chez les petits fournisseurs de type TPE et PME. Nous devons réussir à créer des collaborations.

Par exemple, nous avons approchés une société qui fabrique des isolants à partir de matelas recyclés. Ce sont de tous petits fournisseurs qui le fabriquent. Ils sont à peine cinq dans une entreprise. Ils sont autant légitimes à être présent sur notre plate-forme que les grands groupes.

Nous allons désormais travailler avec l’Ademe, opérateur de l’État dans le cadre du programme Greentech pour lequel nous avons été lauréat, sur les enjeux de la transition écologique dans le bâtiment. De nouveaux décrets appuieront ce défi et les projets soutenus par la ministère pourront concrétiser ce changement.

L’écoconception, un secteur de niche

Comment parvenez-vous à trouver puis référencer ces petits fabricants ?

Notre veille est constante, en fait. C’est notre cœur de métier comme je l’explique plus haut. On fouille partout. La veille se fait sur l’ensemble de notre réseau en lien avec les matériaux, entre autre avec le Matériaupôle. Nous prospectons aussi dans les salons professionnels. Nous sommes en contact direct avec les exposants. Il faut savoir que le marché des matériaux est relativement petit. Il n’est pas aussi vaste qu’on l’imagine, mais ne se réduit pas seulement aux grands distributeurs comme Leroy Merlin, qui cible plutôt les particuliers. Le marché des professionnels est plus apparenté au secteur de niche.

Justement, vous vous en sortez comment économiquement parlant ?

Les secteurs de niches sont bien plus viables que les marchés classiques. On ne souhaite pas faire comme tout le monde. Je reste dubitative quant au modèle économique actuel. C’est tout de même assez particulier. Comparé à la concurrence qui possède des bases de données de matériaux privés et seulement accessible par abonnement, nous avons voulu créer un fichier de contacts totalement open data. Au vu de la gratuité du service offert, il favorise une meilleure visibilité aux fournisseurs avec lesquels nous travaillons. Les fabricants enregistrés sont satisfaits de la démarche. Nous avons mis en place un principe d’échanges avec eux : on leur offre une visibilité gratuite, en retour, ils nous donnent des échantillons, qui alimentent nos matériauthèques.

A qui s’adresse vos Matabox ?

Nous présentons nos boîtes de démonstration aux lycées et aux écoles supérieures, notamment d’architectures. Nous avons travaillé récemment avec l’école d’architecture de Belleville (Paris 19e) ou le lycée d’arts appliqués Auguste Renoir (Paris 18e).  Des cabinets d’expertises thermiciens point info énergie), certains indépendants designers, architectes, passionnés d’écomatériaux m’achètent des collections. Notre clientèle est assez élargie.

A quel tarif peut-on trouver vos Matabox ?

Nous sommes actuellement en première phase de commercialisation. Les Matabox sont commercialisées depuis octobre 2015. Nos tarifs dépendent de l’abonnement ou de l’achat de la  collection seule. Chaque boîte coûte environ 400 €, une collection compte 4 boîtes est à 1500 €.

Nos tarifs se justifient parce que nous appliquons une vraie démarche de veille active, comme je l’ai dit plus haut. Ce que nous proposons est un authentique produit évolutif. Dans le monde des matériaux, les fournisseurs innovent en permanence. Il y a donc un turn over important de nouveaux produits qu’ils veulent tester rapidement sur le marché.

Avez-vous un exemple de grand groupe qui a osé « changer » sa manière de produire ?

Interface, leader mondial des dalles de moquettes, est un très bel exemple de refonte radicale. Cette entreprise a complétement changé sa vision interne en choisissant de n’être que ecoresponsable en ne favorisant que les énergies renouvelables dans son processus de fabrication et c’est juste révolutionnaire ce qu’ils ont fait. Vraiment ! De ce point de vue-là, il y a des grands groupes qui veulent « verdir » leur image (excusez-moi du terme) mais c’est un peu ça : tenter de renforcer leur politique RSE (responsabilité sociale et éthique). C’est bien mais est-ce réellement sincère ? Le doute plane On ne sait pas si ils s’agissent de cette façon parce la RSE les y obligent ou est-ce réellement sincère ? Je me permets d’en douter. Et c’est ça qui est un peu dérangeant.

Que s’est-il passé pendant la COP21 ?

Nous avons animé des petites interventions dans des lycées. On s’est rendus compte qu’il n’y avait pas d’actions menées dans l’enseignement initial sur ces questions-là. Nous avons orienté notre démonstration de matériauthèque sur l’écoconception et les nouvelles méthodes de conception et de fabrication. Cela nous a permis de rencontrer une bonne centaine d’étudiants.

Pourquoi intervenir auprès des étudiants ?

Parce que ce sont eux qui vont changer la donne. J’en suis convaincue. Mais si la jeune génération n’est pas sensibilisée, éduquée a minina, qu’elle ne possède pas la culture de ces nouvelles approches à concevoir qui tient compte de l’environnement et aussi des répercussions sur notre santé, alors on n’y arrivera pas. J’essaie de faire autant que faire se peut auprès de ce public. J’ai quand même le sentiment que ça commence à changer. Je le vois à travers mon cercle proche qui est beaucoup en lien avec des activistes écologistes. Concernant les BTP, c’est sûr qu’il y a de l’innovation sauf que ça peine à être vraiment concret. Parce que ça prend du temps tout simplement. Et ce qui prend du temps, c’est le positionnement politique. Le monde de demain se construit maintenant. Il appelle à renverser un système obsolète, dépassé.

L’avenir de Matabase

Vous occupez actuellement Le Lavoir à Ivry. Mais d’être les lauréats du Grrentech ne vous permet pas de vous installer ailleurs ?

La fabrication des boîtes va continuer de se faire ici au Lavoir parce que tout notre stock est entreposé ici. Mais effectivement, nous allons emménager d’ici peu à l’incubateur GREENTECH du ministère de l’environnement situé à l’école Paristech de Champs-sur-Marne (77). Nous pourrons ainsi nous développer et bénéficier de locaux, d’un accompagnement de projet et d’un réseau de partenaires important.

La nouvelle équipe ? C’est-à-dire ?

Matabase fusionne avec un nouveau projet qu’on a développé en parallèle avec Alberto. Cette version 2.0 de notre association s’appelle http://reuse.fr/ (prononcez riouse, « réutiliser » en anglais). Une plateforme de revente de matériaux réutilisables. Ce sera une sorte de Bon Coin des matériaux.

Nous abordons un secteur nouveau dans notre activité, celui de la déconstruction. Cela va nous permettre d’approcher le marché des matériaux, ceux qui partent à la benne et qui manquent de visibilité pour retourner dans le cercle vertueux du réemploi. Ils leur manquaient  cette plateforme numérique pour être référencés.

Quel intérêt d’être adhérente au Matériaupôle ?

Le premier avantage est de faire partie du réseau de l’association. Jusqu’ici, je n’ai pas pu en profiter pleinement mais Arnaud Bousquet m’adresse à des contacts à rencontrer pour faire avancer notre projet. Il m’a par exemple mis en relation avec le TechShop Leroy Merlin d’Ivry-sur-Seine, qui est désormais un client de Matabase, donc ça c’est super ! C’est certes un grand groupe mais qui va dans le sens de notre démarche. Le TechShop, c’est avant tout un énorme fablab, très engagé dans l’innovation. J’ajouterai également la mise en relation avec Suez environnement. Cela nous a permis d’entamer une table ronde intéressante sur une potentielle collaboration.

Que peut-on souhaiter à Matabase ?

Réussite et expansion pour l’entreprise et plus largement  que le sujet de l’écoresponsabilité sensibilise davantage les jeunes.

https://matabase.fr/

http://reuse.fr/

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Un écrin de carton par Haiko

Pendant deux jours, au cours du mois de mars 2016, Catalina Trujillo de la structure Haiko a mis en place un habillage mural issu des cartons récupérés des emballages de notre mobilier de bureau, qui sert à notre espace de coworking.

Textura by Haiko
Textura by Haiko

TEXTURA : Une décoration murale par Haiko

Son intervention a consisté à « donner une identité esthétique au nouveau local » et a sublimé par ce procédé, un matériau jugé peu gracieux.

« Textura » réunit des qualités indéniables de couvrance, d’isolation thermique et sonore sans incidence sur la santé.

C’est le second prototype de la collection « Textura » créé par Catalina. Elle avait déjà mené un projet similaire au Citizen day l’Oréal 2015.

La créatrice : Catalina Trujillo

Catalina Trujillo, fondatrice de Haiko, travaille sur la conception de techniques d’ennoblissement de carton réutilisé, pour des applications décoratives et architecturales telles que luminaires, mobilier et décorations murales.

Si vous voulez en savoir plus sur ses activités, consultez son site Internet : http://www.haikocreation.com/ ou écrivez-lui à cat.trujillo.p@gmail.com

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Design et dispositifs médicaux, AAP pour bien-vieillir

La région Ile-de-France a décidé de consacrer une partie du fonds européens à la thématique des dispositifs médicaux et du design par AAP.

L’action « Design et dispositifs médicaux » portée par le Lieu du design (www.lelieududesign.com) et cofinancée par le Fond Européen de Développement Régional FEDER (http://www.europe-en-france.gouv.fr/L-Europe-s-engage/Fonds-europeens-2014-2020) a pour mission d’accompagner la transition écologique et sociétale des PME franciliennes productrices de dispositifs médicaux par un AAP.

Ces dispositifs médicaux permettront à terme de réaliser des progrès médicaux dans le domaine du diagnostic, de la thérapeutique, de la chirurgie, de l’information auprès des patients, et contribueront à une meilleure application des pratiques médicales.

Ils favoriseront la réduction du temps d’hospitalisation et l’accélération de la reprise du travail, faciliteront le maintien des patients à leur domicile rééducation, soins à domicile, lutte contre le handicap et favoriser l’autonomie, ou amélioreront leurs capacités fonctionnelles.

Le programme vise à accompagner les entreprises dans l’intégration du design et en particulier l’éco-design et le design de service dans leur processus d’innovation et de recherche collaborative.

Pour avoir des chances d’être retenu, une réunion de lancement est organisée le 14 avril 2016, de 14h à 19h. Le nombre de places est limité. L’inscription obligatoire s’effectue ici : http://www.lelieududesign.com/node/53695/.

Cette réunion sera suivie d’une visite de l’exposition « l’impression 3D, Usine du futur »  et d’un temps de networking.

L’AAP permettra aux sociétés intéressées de :

– s’inscrire à un cycle de formations collectives gratuites (de juin à novembre 2016)

– être accompagnées de manière personnalisée par les conseillers du Lieu du design,

– bénéficier de l’expertise et du réseau du Fonds de dotation RAISE,

– obtenir des financements européens pour les prestations de design.

La date de lancement de l’appel à projets est fixée au 15 avril 2016.

La date limite de dépôt des dossiers pour l’AAP est prévue pour le 12 mai 2016

Bonne chance !

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