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L’écoconception, un levier de croissance pour les entreprises ?

Vous vous interrogez encore sur l’écoconception ? Comment se traduit-elle dans le champ économique ? Quelles réponses apportent les entreprises à ces problématiques environnementales, économiques et sanitaires ? Trouvez vos réponses lors de la Matinale du Matériaupôle le jeudi 15 décembre 2016, de 8h30 à 13h, à l’Agence du Développement du Val-de-Marne au 23 rue Raspail à Ivry-sur-Seine (94200).

 

Pour une entreprise, la démarche de l’écoconception, c’est la prise en compte de toutes les étapes de la vie d’un objet depuis le sourcing des matières premières jusqu’à la fin de vie de cet objet. Il s’agit de limiter le recours aux matières premières, de réduire les dépenses énergétiques, à utiliser les matières secondaires issues du réemploi. Il faut que toutes ces étapes soient réalisées dans le respect de contraintes environnementales, socioéconomiques et sanitaires.

 

L’Ademe constate que « pour une entreprise, l’écoconception est susceptible d’avoir un impact sur l’ensemble de la chaîne de valeur de son produit (bien ou service) : en amont sur ses approvisionnements et ses relations avec ses fournisseurs, mais aussi en aval sur son positionnement et ses relations avec ses clients ».

 

Est-il prématuré de faire un constat des répercussions des mesures écoconçues dans le secteur économique ? A l’échelle des chaînes de productions ou des offres de services, on constate qu’il existe encore peu de marchés qui soient impactés par la démarche.

Dans la réalité économique, ce sont les entrepreneurs qui constatent encore trop souvent la difficulté qu’ils ont d’obtenir des parts de marché si ils utilisent comme argument principal de vente : biodiversité, impact environnemental, réutilisation ou recyclage.

 

Nous évoquerons ces sujets avec avec une conférence introduisant la démarche d’écoconception, des témoignages d’entrepreneurs, des présentations courtes de solutions écoconçues d’adhérents du Matériaupôle, une table ronde présentant les contraintes réglementaires et les différents outils d’écoconception utilisés par les entreprises (Analyse du Cycle de Vie, le craddle to craddle, la matrice Matériaux Énergie Toxicité…).

 

Depuis sa création en 2009, l’association Matériaupôle Paris Seine-Amont (statut loi 1901) regroupe dans un même réseau tous les savoirs, tous les métiers et tous les secteurs d’activités, à la condition qu’ils soient liés aux matériaux. Elle accompagne ses adhérents dans leurs démarches d’innovation et met en valeur les résultats obtenus. L’association compte en 2016 plus d’une soixantaine d’adhérents, essentiellement des PME, des TPE, des startups et des laboratoires de recherche.

 

Pour vous inscrire à la Matinale, c’est par ici : inscription à la Matinale 2016

Pour en savoir sur nos activités, dirigez-vous vers notre site Internet

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Portrait : Matabase invente l’open source des écomatériaux

MATABASE révolutionne la vision des éco-matériaux

Avec les Matabox, plus besoin de se rendre dans les showrooms pour être mis en présence des nouvelles matières innovantes. Elles viennent à vous. Sous forme de grandes boîtes rectangulaires en carton recyclé, ces présentoirs élégants et mobiles sont intelligemment fournis. En effet, leur contenu se renouvelle au fur et à mesure des inventions inédites et des créations nouvelles que Matabase sur le marché des matériaux. Cette particularité n’a pas manqué d’éveiller la curiosité du Matériaupôle. Rencontre avec Daovone Sribouavong, la créatrice de Matabase.

Nous venons à vous pour en savoir un peu plus sur Matabase et ses fameuses Matabox, ces grandes boîtes en carton pleines d’échantillons particuliers. Mais d’abord, vous pouvez commencer par vous présenter, s’il vous plaît ?

Je m’appelle Daovone Sribouavong. J’ai 26 ans. Matabase existe depuis trois ans mais j’ai déposé les statuts juridiques en décembre 2014. Nous nous sommes constitués en Société par Action Simplifiée (SAS). C’était la condition d’obtenir des aides financières pour intégrer l’incubateur Paris pionnières. Nous avons déposé ces statuts, Thomas ortiz et moi, dans l’optique d’agrandir notre équipe. L’idée de monter cette structure m’est venue à la fin de mes études en 2012. Elle est née de ma propre inexpérience des/de mes lacunes sur les matériaux quand j’étais étudiante en architecture à l’EPSAA. Je me suis rendu compte à l’époque du marché potentiel que les écomatériaux pouvaient représenter et qu’il y avait toute une économie à construire, à inventer. Cela fait quatre ans que je travaille sur le sujet et tout reste à faire en matière de services et de référencements.

Quelle est votre activité principale ?

Il s’agit, avec Matabase, de promouvoir les matériaux écologiques dans les domaines du design et de l’architecture. Notre ambition est de développer une plateforme d’échange, d’achat/vente et de mise en relation ayant pour noyau, des matériaux éco-responsables, produits manufacturés ou d’occasion. Cet ambitieux projet est soutenu par le ministère de l’environnement grâce au programme GREENTECH dont nous avons été les lauréats. Nous allons bénéficier de fonds, d’un suivi et accompagnement puis d’une étroite collaboration avec l’Ademe.

Il faut apprendre à écoconcevoir

Vous évoquiez à l’instant vos lacunes en matériaux lorsque vous étiez étudiante. Pensez-vous que cela soit une généralité dans l’enseignement supérieur à propos de l’écoconception ?

Oui, je l’affirme. Nous avons une très mauvaise culture des matériaux dans nos formations professionnelles. C’est pour cette raison que Matabase intervient directement dans l’enseignement et l’éducation. Nous nous efforçons de concevoir et d’offrir aux étudiants de nouveaux outils pédagogiques afin qu’ils comprennent et apprennent à écoconcevoir avec des écomatériaux. J’avoue que c’est assez ambitieux mais notre volonté plaît.  Nos premiers clients, qui sont des écoles d’architecture et de design, sont séduits par l’idée que nous puissions intervenir auprès d’eux comme des experts de l’écoconception avec la Matabox, ce service de matériauthèque que l’on  propose en plus.

Pouvez-vous revenir sur votre produit Matabox ?

Nous avons créé Matabox dans le but d’équiper les écoles d’une matériauthèque physique. Avant de la lancer, nous avons effectué, pendant plus d’un an une veille sur les matériaux que nous avons choisi pour la constituer. Nous les avons judicieusement sélectionnés puis classés  en trois catégories principales qui sont l’architecture, le design et la décoration. On a ensuite développé des sous-thématiques comme l’isolation, les textiles. L’idée est d’essayer de trouver des matériaux vraiment qualitatifs qui répondent également à des critères environnementaux et sanitaires. Ils doivent être sains, recyclés,  durables, réutilisables, à faible consommation d’énergie grise. Nous avons fait du référencement le cœur de notre métier. A charge pour nous  d’être identifié comme la passerelle entre le monde des fabricants de matériaux et les gens qui vont les utiliser, à savoir les concepteurs, qu’ils soient étudiants et/ou professionnels.

Pensez-vous qu’il soit envisageable que le monde du BTP en France change ses habitudes de construction et s’engage peu à peu dans l’utilisation de matériaux plus respectueux de l’environnement ?

Les choses changent, oui. Il y a tout de même beaucoup d’innovation, surtout dans les grands groupes. Cependant, j’aimerais apporter une précision. Mon intention est de tenter de désenclaver la frontière entre les grands groupes et les petits fournisseurs qui peinent à promouvoir leurs matériaux. L’idée est de créer des convergences, des liens un peu plus étroits et faire en sorte que les grands groupes se rendent compte qu’il y a aussi beaucoup d’innovations chez les petits fournisseurs de type TPE et PME. Nous devons réussir à créer des collaborations.

Par exemple, nous avons approchés une société qui fabrique des isolants à partir de matelas recyclés. Ce sont de tous petits fournisseurs qui le fabriquent. Ils sont à peine cinq dans une entreprise. Ils sont autant légitimes à être présent sur notre plate-forme que les grands groupes.

Nous allons désormais travailler avec l’Ademe, opérateur de l’État dans le cadre du programme Greentech pour lequel nous avons été lauréat, sur les enjeux de la transition écologique dans le bâtiment. De nouveaux décrets appuieront ce défi et les projets soutenus par la ministère pourront concrétiser ce changement.

L’écoconception, un secteur de niche

Comment parvenez-vous à trouver puis référencer ces petits fabricants ?

Notre veille est constante, en fait. C’est notre cœur de métier comme je l’explique plus haut. On fouille partout. La veille se fait sur l’ensemble de notre réseau en lien avec les matériaux, entre autre avec le Matériaupôle. Nous prospectons aussi dans les salons professionnels. Nous sommes en contact direct avec les exposants. Il faut savoir que le marché des matériaux est relativement petit. Il n’est pas aussi vaste qu’on l’imagine, mais ne se réduit pas seulement aux grands distributeurs comme Leroy Merlin, qui cible plutôt les particuliers. Le marché des professionnels est plus apparenté au secteur de niche.

Justement, vous vous en sortez comment économiquement parlant ?

Les secteurs de niches sont bien plus viables que les marchés classiques. On ne souhaite pas faire comme tout le monde. Je reste dubitative quant au modèle économique actuel. C’est tout de même assez particulier. Comparé à la concurrence qui possède des bases de données de matériaux privés et seulement accessible par abonnement, nous avons voulu créer un fichier de contacts totalement open data. Au vu de la gratuité du service offert, il favorise une meilleure visibilité aux fournisseurs avec lesquels nous travaillons. Les fabricants enregistrés sont satisfaits de la démarche. Nous avons mis en place un principe d’échanges avec eux : on leur offre une visibilité gratuite, en retour, ils nous donnent des échantillons, qui alimentent nos matériauthèques.

A qui s’adresse vos Matabox ?

Nous présentons nos boîtes de démonstration aux lycées et aux écoles supérieures, notamment d’architectures. Nous avons travaillé récemment avec l’école d’architecture de Belleville (Paris 19e) ou le lycée d’arts appliqués Auguste Renoir (Paris 18e).  Des cabinets d’expertises thermiciens point info énergie), certains indépendants designers, architectes, passionnés d’écomatériaux m’achètent des collections. Notre clientèle est assez élargie.

A quel tarif peut-on trouver vos Matabox ?

Nous sommes actuellement en première phase de commercialisation. Les Matabox sont commercialisées depuis octobre 2015. Nos tarifs dépendent de l’abonnement ou de l’achat de la  collection seule. Chaque boîte coûte environ 400 €, une collection compte 4 boîtes est à 1500 €.

Nos tarifs se justifient parce que nous appliquons une vraie démarche de veille active, comme je l’ai dit plus haut. Ce que nous proposons est un authentique produit évolutif. Dans le monde des matériaux, les fournisseurs innovent en permanence. Il y a donc un turn over important de nouveaux produits qu’ils veulent tester rapidement sur le marché.

Avez-vous un exemple de grand groupe qui a osé « changer » sa manière de produire ?

Interface, leader mondial des dalles de moquettes, est un très bel exemple de refonte radicale. Cette entreprise a complétement changé sa vision interne en choisissant de n’être que ecoresponsable en ne favorisant que les énergies renouvelables dans son processus de fabrication et c’est juste révolutionnaire ce qu’ils ont fait. Vraiment ! De ce point de vue-là, il y a des grands groupes qui veulent « verdir » leur image (excusez-moi du terme) mais c’est un peu ça : tenter de renforcer leur politique RSE (responsabilité sociale et éthique). C’est bien mais est-ce réellement sincère ? Le doute plane On ne sait pas si ils s’agissent de cette façon parce la RSE les y obligent ou est-ce réellement sincère ? Je me permets d’en douter. Et c’est ça qui est un peu dérangeant.

Que s’est-il passé pendant la COP21 ?

Nous avons animé des petites interventions dans des lycées. On s’est rendus compte qu’il n’y avait pas d’actions menées dans l’enseignement initial sur ces questions-là. Nous avons orienté notre démonstration de matériauthèque sur l’écoconception et les nouvelles méthodes de conception et de fabrication. Cela nous a permis de rencontrer une bonne centaine d’étudiants.

Pourquoi intervenir auprès des étudiants ?

Parce que ce sont eux qui vont changer la donne. J’en suis convaincue. Mais si la jeune génération n’est pas sensibilisée, éduquée a minina, qu’elle ne possède pas la culture de ces nouvelles approches à concevoir qui tient compte de l’environnement et aussi des répercussions sur notre santé, alors on n’y arrivera pas. J’essaie de faire autant que faire se peut auprès de ce public. J’ai quand même le sentiment que ça commence à changer. Je le vois à travers mon cercle proche qui est beaucoup en lien avec des activistes écologistes. Concernant les BTP, c’est sûr qu’il y a de l’innovation sauf que ça peine à être vraiment concret. Parce que ça prend du temps tout simplement. Et ce qui prend du temps, c’est le positionnement politique. Le monde de demain se construit maintenant. Il appelle à renverser un système obsolète, dépassé.

L’avenir de Matabase

Vous occupez actuellement Le Lavoir à Ivry. Mais d’être les lauréats du Grrentech ne vous permet pas de vous installer ailleurs ?

La fabrication des boîtes va continuer de se faire ici au Lavoir parce que tout notre stock est entreposé ici. Mais effectivement, nous allons emménager d’ici peu à l’incubateur GREENTECH du ministère de l’environnement situé à l’école Paristech de Champs-sur-Marne (77). Nous pourrons ainsi nous développer et bénéficier de locaux, d’un accompagnement de projet et d’un réseau de partenaires important.

La nouvelle équipe ? C’est-à-dire ?

Matabase fusionne avec un nouveau projet qu’on a développé en parallèle avec Alberto. Cette version 2.0 de notre association s’appelle http://reuse.fr/ (prononcez riouse, « réutiliser » en anglais). Une plateforme de revente de matériaux réutilisables. Ce sera une sorte de Bon Coin des matériaux.

Nous abordons un secteur nouveau dans notre activité, celui de la déconstruction. Cela va nous permettre d’approcher le marché des matériaux, ceux qui partent à la benne et qui manquent de visibilité pour retourner dans le cercle vertueux du réemploi. Ils leur manquaient  cette plateforme numérique pour être référencés.

Quel intérêt d’être adhérente au Matériaupôle ?

Le premier avantage est de faire partie du réseau de l’association. Jusqu’ici, je n’ai pas pu en profiter pleinement mais Arnaud Bousquet m’adresse à des contacts à rencontrer pour faire avancer notre projet. Il m’a par exemple mis en relation avec le TechShop Leroy Merlin d’Ivry-sur-Seine, qui est désormais un client de Matabase, donc ça c’est super ! C’est certes un grand groupe mais qui va dans le sens de notre démarche. Le TechShop, c’est avant tout un énorme fablab, très engagé dans l’innovation. J’ajouterai également la mise en relation avec Suez environnement. Cela nous a permis d’entamer une table ronde intéressante sur une potentielle collaboration.

Que peut-on souhaiter à Matabase ?

Réussite et expansion pour l’entreprise et plus largement  que le sujet de l’écoresponsabilité sensibilise davantage les jeunes.

https://matabase.fr/

http://reuse.fr/

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Appel à projets ESS du Conseil Départemental du Val-de-Marne

Le Conseil Départemental du Val-de-Marne renouvelle son soutien à l’économie sociale et solidaire à travers son appel à projets ESS  du territoire.

Pour cet appel à projets ESS 2016, jusqu’à 80 000 € seront répartis entre les différents projets sélectionnés par le jury. Le département du Val-de-Marne pourra financer jusqu’à 70 % du montant total du projet. Le projet doit être un projet établi dans le Val-de-Marne, au stade d’émergence (étude de faisabilité) ou de démarrage et doit être porté par une structure de l’économie sociale et solidaire.

Cet appel à projets concerne les acteurs de l’économie sociale et solidaire (Association ; SCOP ; Coopérative ; SCIC ; …). Le projet doit présenter un ancrage territorial fort, une utilité sociale avérée, s’inscrire dans une démarche de cohésion sociale et territoriale, être viable économiquement et permettre la création/consolidation d’emploi(s).

Informations complémentaires

Vous avez jusqu’au lundi 27 juin 2016 à 12h00 pour répondre à cet appel à projets.

Formulaire de pré-candidature : Formulaire de pré-candidature

Retrouvez l’ensemble des informations ici : Appel à projets de développement social et solidaire du territoire

 

 

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Design et dispositifs médicaux, AAP pour bien-vieillir

La région Ile-de-France a décidé de consacrer une partie du fonds européens à la thématique des dispositifs médicaux et du design par AAP.

L’action « Design et dispositifs médicaux » portée par le Lieu du design (www.lelieududesign.com) et cofinancée par le Fond Européen de Développement Régional FEDER (http://www.europe-en-france.gouv.fr/L-Europe-s-engage/Fonds-europeens-2014-2020) a pour mission d’accompagner la transition écologique et sociétale des PME franciliennes productrices de dispositifs médicaux par un AAP.

Ces dispositifs médicaux permettront à terme de réaliser des progrès médicaux dans le domaine du diagnostic, de la thérapeutique, de la chirurgie, de l’information auprès des patients, et contribueront à une meilleure application des pratiques médicales.

Ils favoriseront la réduction du temps d’hospitalisation et l’accélération de la reprise du travail, faciliteront le maintien des patients à leur domicile rééducation, soins à domicile, lutte contre le handicap et favoriser l’autonomie, ou amélioreront leurs capacités fonctionnelles.

Le programme vise à accompagner les entreprises dans l’intégration du design et en particulier l’éco-design et le design de service dans leur processus d’innovation et de recherche collaborative.

Pour avoir des chances d’être retenu, une réunion de lancement est organisée le 14 avril 2016, de 14h à 19h. Le nombre de places est limité. L’inscription obligatoire s’effectue ici : http://www.lelieududesign.com/node/53695/.

Cette réunion sera suivie d’une visite de l’exposition « l’impression 3D, Usine du futur »  et d’un temps de networking.

L’AAP permettra aux sociétés intéressées de :

– s’inscrire à un cycle de formations collectives gratuites (de juin à novembre 2016)

– être accompagnées de manière personnalisée par les conseillers du Lieu du design,

– bénéficier de l’expertise et du réseau du Fonds de dotation RAISE,

– obtenir des financements européens pour les prestations de design.

La date de lancement de l’appel à projets est fixée au 15 avril 2016.

La date limite de dépôt des dossiers pour l’AAP est prévue pour le 12 mai 2016

Bonne chance !

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