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Bioshield, d’abord un projet d’amitié

Paul, Pierre et Quentin sont rentrés tous les trois, à Sup’Biotech après avoir tenté d’autres formations spécifiques : médecine et faculté de biologie. En intégrant le campus villejuifois, ils souhaitaient rester dans le domaine des sciences. Ensemble, ils travaillent autour d’un projet ambitieux de biotechnologie : Bioshield, un projet d’un procédé innovant de traitement de surface. Tous les trois sont habitués à travailler ensemble depuis bientôt cinq ans et feront tout, déclarent-ils « pour réussir leur projet et l’amener le plus loin possible ! » Rencontre.

 

Bonjour, qui êtes-vous ?

Nous sommes trois ingénieurs nouvellement diplômés en biotechnologies de l’école Sup’Biotech, Cette école propose un cursus unique qui nous permet d’accéder à des métiers variés et stimulants mais surtout qui correspondaient à nos attentes. Après trois années de formation générale, nous sommes tous les trois partis en Corée du sud, pour un semestre d’échange. À la rentrée 2016, nous nous sommes spécialisés : Paul en R&D / bioinformatique ; Pierre en R&D / santé et Quentin en entrepreneuriat. Actuellement, Quentin s’occupe de l’aspect business et financement. Pierre réalise les expériences et est en charge de la R&D. Paul est responsable du développement technologique et industriel de notre produit BioShield (nom provisoire).

Et qu’est-ce c’est ?

BioShield est un projet biotech né à Sup’Biotech à travers les SBIP (Sup’Biotech Innovative Project) et le cursus entrepreneuriat. Il a été ensuite puis incubé au Genopole d’Evry dans le cadre du dispositif Shaker de Septembre 2017 à Septembre 2018. Aujourd’hui nous intégrons le programme d’accompagnement Booster du Genopole. Nous avons pour objectif de développer une technologie de traitement de surfaces inédite. Elle a pour but de conférer, à des pièces industrielles, des propriétés anti-biofilms. Pour l’industriel, c’est une meilleure maîtrise des risques de contaminations et une réduction de coût et d’impact environnemental car ils n’auraient plus besoin d’utiliser des produits biocides polluants et coûteux.

Et comment, pensez-vous parvenir à ce résultat ?

Notre technologie a pour but d’agir en amont de la formation des biofilms, là où la plupart des solutions actuelles ne viennent les détruire qu’après leur apparition. Inspirée de parades naturelles que l’on retrouve chez certaines plantes et insectes, le traitement permettrait d’empêcher l’adhésion mécanique des micro-organismes sur les surfaces. La solution BioShield est la garantie d’une meilleure maîtrise des risques de contaminations. Grâce à leurs propriétés auto-réparatrices, les surfaces auraient une durée de vie prolongée et ne nécessiteraient pas d’êtres entretenues. Les entretiens biocides à base de produits chimiques polluants et toxiques ne seraient plus nécessaires. Les industriels réduiraient ainsi leurs coûts de maintenance et leur impact environnemental.

À quel stade de l’invention en êtes-vous actuellement ?

Notre principale activité actuelle est de la R&D, à l’étape de preuve de concept. nous ambitionnons, à terme, d’occuper le secteur de la sous-traitance industrielle. Nous voulons proposer un traitement de surface fiable et durable à effet anti-biofilms. Notre prochaine étape logique est donc le prototypage.

Comment concevez-vous, produisez-vous vos produits ?

À chaque pièce industrielle, ses caractéristiques particulières. La conception se réalise donc en collaboration avec les industriels. Des échanges sont obligatoires afin de comprendre leurs attentes et de proposer la solution la plus adaptée à leurs besoins (formes, surfaces à couvrir, matériaux de surfaces utilisés, etc.).

Comment avez-vous eu l’idée de votre innovation ?

Notre idée est née au cours de notre cursus scolaire, dans le cadre des SBIP puis, accéléré via le cursus entrepreneuriat. Issue du biomimétisme, notre solution est inspirée des parades naturelles d’insectes et de plantes qui empêchent les biocontaminations.

Quelles sont vos perspectives de développement de marché pour votre produit ?

Avec de bons résultats de preuves de concept, nous avons amorcé la création d’une entreprise pour préparer une levée de fonds. Elle nous permettrait d’entrer dans la phase de prototypage industriel. Des échanges avec des industriels et des investisseurs ont d’ailleurs eu lieu afin d’anticiper au mieux cette phase.

Comment envisagez-vous de poursuivre votre projet ?

Si la levée de fonds se réalise, nous projetons un prototypage opérationnel de notre solution dans les deux ans qui suivent la levée, puis un lancement de produits dans les trois à quatre ans suivants.

Quelle est votre actualité ?

Nous sommes lauréats du programme Booster du Genopole. Pour nous, c’est la suite logique au parrainage Shaker. Être sélectionnés va nous permettre de bénéficier d’un accompagnement stratégique sur une année. En pleine création de la structure juridique, nous établissons notre stratégie de financement pour bénéficier des aides disponibles afin d’avancer plus loin.

Comment avez-vous rencontré le Matériaupôle ? Sur quels sujets travaillez-vous avec eux ?  Comment vous accompagnent-ils ?

Pendant notre formation à Sup’Biotech, nous avons la chance de rencontrer des professionnels qui challengent nos projets. Ca a été le cas pour le nôtre, avec Arnaud. Depuis, nous travaillons en étroite collaboration avec le Matériaupôle. Grâce à lui, nous avons été mis en relation avec un grand compte de l’aéronautique. Nous bénéficions, depuis, de sessions de travail et de coaching. Elles nous préparent pour des présentations orales et des dossiers de demandes de financement. Pascal Quetin, adhérent du Matériaupôle, nous accompagnent également. Avec lui, notre attention se porte sur l’aspect industrialisation de notre projet. Nous profitons également de son expertise sur la productivité pour élaborer notre cahier des charges.

Que vous apporte votre adhésion au Matériaupôle ?

Elle nous permet un accès à un réseau d’entreprises et d’experts du domaine des matériaux et des biotechnologies. Mais être adhérent du Matériaupôle, c’est aussi gagner une visibilité médiatique. C’est pour nous, jeunes entrepreneurs, un gage de crédibilité auprès des industriels.

Pour plus d’informations sur le procédé Bioshield et le programme SHAKER de Génopole, écoutez l’interview de Quentin Bernard, sur le site Internet de Biotechfinances : ENTRETIEN

Pour tout savoir du dispositif SHAKER qui a porté le projet Bioshield, cliquez > ici < et > là <

 

 

 

 

 

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Portrait : Michel Jeandin, directeur de recherches

Michel Jeandin est spécialisé dans le traitement de surfaces au Centre des Matériaux de MINES ParisTech, où il officie aussi en tant qu’enseignant.

Le rôle du directeur de recherche est d’accompagner des travaux de recherches, sous la forme de thèses notamment. Pour élaborer ces thèses, il y a besoin de financement et pour l’obtenir, il faut le concours d’industriels qui soient intéressés par le résultat de la recherche. Le directeur est donc une sorte d’intermédiaire entre les industriels et les étudiants, à qui sont proposés les sujets de thèse. En plus de la production industrielle qui peut en résulter, il y a aussi un intérêt pour le centre de recherches, qui peut publier les travaux obtenus. Cela sert à jouer sur la compétitivité de l’école.

Michel Jeandin apporte son expertise de scientifique et ingénieur dans des questionnements assez spécifiques pour le traitement des surfaces, en particulier. Le traitement de surfaces correspond à la fabrication d’un revêtement ou d’une couche de matière qui protégera le matériau qui se trouve en dessous. Cela intervient dans de nombreuses applications mais l’objectif final est souvent d’améliorer la résistance de l’objet initial à l’usure. Pour cela, les chercheurs font appel à des poudres de projection, qui s’utilisent aussi bien sur des surfaces métalliques, céramiques, polymères ou de matériaux en mélange. Les revêtements étudiés sont le plus souvent appliqués à des pièces dont les défaillances sont généralement liées à des phénomènes d’usure,  et ce dans des secteurs industriels très variés.

Le Centre des Matériaux n’a pas pour vocation la recherche fondamentale puisque ce sont les industriels qui viennent régulièrement le voir. Michel Jeandin a d’ailleurs travaillé à plusieurs reprises avec de grands groupes comme SAFRAN, EDF ou Renault.

Parfois, les équipes de recherche s’orientent vers d’autres clientèles. C’est le cas avec le Matériaupôle, auquel Michel a adhéré dès les débuts, il y a 8 ans. Il a collaboré à la réalisation du logo, obtenu par projection thermique d’aluminium sur plaque de verre, en travaillant aussi avec la société Effets de Verres. « Diversifier permet d’exploiter au maximum notre activité » explique-t-il, avant d’ajouter « on touche à des cultures qui n’ont pas le réflexe d’aller voir des chercheurs. Ce fut la base de réflexion du Matériaupôle : diffuser la connaissance des matériaux pour la proposer et la développer auprès de PME, qui n’en ont pas l’habitude ».

En ce moment, Monsieur Jeandin dirige six thèses, un travail post-doctoral et plusieurs stages au Centre des Matériaux, qui traitent à peu près toutes de la projection thermique,  avec des applications différentes. Le dépôt de métal sur une base polymère est un sujet très porteur, dans l’aérospatial, par exemple. Le dépôt sur bois est en phase de démarrage et a besoin de développement. En parallèle, le directeur de recherches se consacre à la rédaction d’un livre intitulé « Le matériau dans tous les sens », qui devrait paraître dans le courant de l’année 2016.

Pour plus d’informations sur MinesParitech, cliquez ici : http://www.mines-paristech.fr/

Découvrez les travaux de recherches et les publications de monsieur Jeandin, ici : http://matperso.mines-paristech.fr/Personnel/michel.jeandin/

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